Pour certains, ça ressemble juste à une règle de collège. Pour d’autres, presque à une expérience sociale.
En Isère, le dispositif « Portable en pause » commence à être mis en place avec une idée simple : le téléphone reste avec l’élève, mais devient inaccessible pendant la journée scolaire. À la rentrée, des élèves de 6e du collège Olympe-de-Gouges de Chatte ont notamment découvert le système de pochette prévu pour garder le smartphone fermé jusqu’à la sortie.
Le téléphone était déjà interdit, mais cette fois il doit vraiment disparaître
L’utilisation du portable est déjà interdite au collège depuis 2018. La nouveauté, ce n’est donc pas l’interdiction elle-même, mais la manière de l’appliquer.
Avec « Portable en pause », les établissements doivent organiser une vraie mise à distance du smartphone : pochette, casier, boîte collective ou autre solution choisie localement. L’objectif est d’éviter le téléphone sorti discrètement entre deux cours ou pendant la récré et de rendre l’interdiction beaucoup plus concrète au quotidien.
En Isère, le dispositif présenté à Chatte doit être proposé plus largement aux collèges du département à partir de janvier 2027.
Une génération qui a grandi avec le téléphone dans la poche
C’est là que le sujet devient intéressant. Pour ceux qui ont connu le collège avant TikTok, Snapchat, WhatsApp ou les notifications permanentes, passer une journée sans smartphone n’avait rien d’extraordinaire.
Pour les collégiens de 2026, le téléphone sert à discuter, écouter de la musique, regarder des vidéos, prendre des photos, consulter Pronote ou simplement occuper cinq minutes d’attente. Le mettre réellement de côté pendant six ou sept heures change donc beaucoup plus qu’une simple règle de classe.
L’objectif affiché est notamment de réduire les distractions et remettre davantage d’échanges directs pendant les pauses. Autrement dit, faire en sorte que le téléphone ne soit plus seulement interdit sur le papier, mais réellement absent d’une bonne partie de la journée.
Bonne idée ou règle impossible à tenir ?
Et forcément, le débat est déjà tout trouvé. Certains parents et enseignants verront surtout l’intérêt de récupérer quelques heures sans notifications, tandis que d’autres poseront des questions très concrètes : comment joindre son enfant ? Que se passe-t-il en cas d’urgence ? Et que faire lorsqu’un téléphone est nécessaire pour une raison particulière ?
Le cadre prévoit des exceptions et laisse aux établissements le soin d’organiser les contacts avec les familles. Reste surtout à voir comment la mesure sera vécue une fois passée la nouveauté et si les habitudes changent réellement sur la durée.
Parce qu’entre écrire « téléphone interdit » dans un règlement et demander à toute une génération habituée à l’avoir constamment dans la main de ne plus y toucher pendant la journée, il y a quand même une petite différence.
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