Il aura fallu environ quarante ans, mais quelqu’un a enfin pensé au chien.
Ce mardi 25 août, le compte Instagram @unpetitdenis a contacté directement Chicagre avec des photos prises sur le Néron. À côté du célèbre Lucky Luke et de Jolly Jumper, une nouvelle silhouette a fait son apparition : Rantanplan, installé au pied du cheval.
Les auteurs expliquent être montés spécialement pour « amener son Rantanplan » au cow-boy. Une idée parfaitement inutile. Donc forcément indispensable.
Mais pourquoi il y a Lucky Luke sur le Néron ?
Si vous habitez Grenoble depuis quinze ans sans avoir entendu parler de lui, pas de panique : le cow-boy est bien caché.
Le Néron domine notamment Saint-Égrève et Saint-Martin-le-Vinoux et culmine à 1 298 mètres, d’après la documentation patrimoniale de Saint-Égrève. Lucky Luke se trouve plus bas, sur un épaulement devenu au fil du temps le belvédère Lucky Luke, à plus de 1 000 mètres d’altitude.
Et son histoire commence ailleurs.
D’après les archives de la Revue alpine, trois randonneurs fabriquent au début des années 1980 une grande silhouette métallique représentant Lucky Luke sur Jolly Jumper. Leur première idée : l’installer sur les Trois Pucelles, dans le Vercors.
Problème : vue depuis la vallée, la silhouette ressemble parfois à une personne en difficulté. Les secours en montagne auraient ainsi reçu plusieurs alertes.
Imaginez partir sauver un randonneur en détresse et trouver Lucky Luke.
L’installation est finalement démontée en 1982 et conservée quelque temps par la brigade de Seyssinet.
Fin de l’histoire ? On parle du 38, donc évidemment non.
Disparu, vandalisé… puis ressuscité
Selon les récits consacrés à l’œuvre, Lucky Luke réapparaît en 1985 sur le Néron. C’est là qu’il va réellement entrer dans le folklore local.
Mais en 1995, la silhouette est vandalisée, sciée puis cachée sous des pierres. Elle finit progressivement par disparaître dans la végétation.
Claude Simon, passionné du massif et auteur d’un ouvrage consacré au Néron, se met ensuite à sa recherche. Les panneaux sont retrouvés puis restaurés, et Lucky Luke finit par reprendre sa place autour de 2013.
Depuis, le cow-boy et Jolly Jumper regardaient tranquillement l’agglo.
Il manquait juste un personnage évident.
Quarante ans plus tard, des Grenoblois se sont donc dit : « Attends… mais il est où Rantanplan ? »
Problème réglé.
Un nouveau morceau de folklore grenoblois
Ce qui rend la scène aussi drôle, c’est tout ce qu’il a fallu pour arriver à cette photo.
Une œuvre installée dans les années 80, des secours alertés par erreur, un déménagement du Vercors vers le Néron, un vandalisme, une disparition, une restauration… puis un chien de BD ajouté quatre décennies plus tard.
On cherchait encore une preuve que le patrimoine grenoblois pouvait prendre des formes assez particulières.
La voilà.
Attention tout de même si les photos vous donnent envie d’aller voir Lucky Luke et son nouveau compagnon : le Néron reste une montagne exigeante. Certains itinéraires sont aériens, techniques et exposés. Ce n’est pas une balade à improviser parce qu’on a vu Rantanplan sur Instagram.
Mais pour ceux qui connaissent déjà l’histoire du cow-boy du Néron, la nouvelle devrait faire sourire.
Lucky Luke avait Jolly Jumper, la vue sur toute l’agglo et déjà une sacrée histoire.
Il a désormais son chien.
Et pour une fois que la réputation de « ville de fous » du 38 repose sur quelqu’un qui grimpe une montagne pour installer Rantanplan… on prend.
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