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QUOTIDIEN · Grenoble · Isère · Drac · Champ-sur-Drac

Grenoble : peut-on vraiment se baigner dans l’Isère et le Drac sans danger ?

Deux hommes ont échappé de peu à la noyade dimanche à Champ-sur-Drac, piégés par le courant généré par une turbine. Quelques jours plus tard, Grenoble doit justement tester une baignade encadrée dans l’Isère. L’accident remet une question simple au centre du débat : se baigner dans nos rivières, oui… mais où, comment et à quelles conditions ?

Le Drac traversant Grenoble avec les berges et la Bastille en arrière-plan.
CRÉDIT PHOTO — FNE Aura

À Grenoble, le débat sur la baignade dans les rivières n’est plus théorique.

Dimanche 6 septembre, deux hommes ont dû être secourus après avoir été piégés par le courant d’une turbine dans un canal du Drac, à Champ-sur-Drac. L’un d’eux a été héliporté au CHU Grenoble Alpes dans un état grave, sans pronostic vital engagé.

Quelques jours plus tard, le samedi 12 septembre, la Ville de Grenoble doit justement organiser une première baignade encadrée dans l’Isère, entre le quai Jongkind et le pont de Chartreuse.

Deux scènes très différentes, mais qui posent exactement la même question : est-ce qu’on peut vraiment se baigner dans nos rivières en sécurité ?

Eau propre ne veut pas dire eau sans danger

C’est probablement le point le plus important.

Depuis plusieurs mois, une bonne partie du débat public tourne autour de la qualité de l’eau. Et pour cause : la première baignade prévue fin août dans l’Isère avait été reportée après un dépassement du seuil microbiologique recommandé.

Mais l’accident de Champ-sur-Drac rappelle qu’un autre sujet compte tout autant : le courant.

Dans le Drac notamment, EDF alerte depuis plusieurs mois sur les variations soudaines de débit liées au fonctionnement des ouvrages hydroélectriques. Des zones peuvent sembler calmes depuis la berge puis devenir dangereuses très rapidement.

Autrement dit, une eau suffisamment propre pour se baigner n’est pas automatiquement une eau sûre.

Ce que prépare Grenoble n’a rien à voir avec une baignade improvisée

C’est là que le débat mérite d’être un peu mieux posé.

La baignade prévue par la Ville dans l’Isère est encadrée : créneau défini, zone précise, sauveteurs professionnels, groupes limités, bouée obligatoire, chaussures fermées et maintien de l’événement seulement si la qualité de l’eau, la météo et le débit le permettent.

On est donc très loin d’un saut improvisé dans un canal au bord d’un barrage.

La vraie question n’est peut-être pas « faut-il autoriser ou interdire toute baignade ? », mais plutôt : où peut-on le faire, avec quelles règles, et quelles zones doivent rester totalement hors-limites ?

Depuis plus d’un an, certains veulent remettre les rivières au centre de la ville

Le sujet ne sort pas de nulle part.

Le Collectif des gens qui ont chaud organise depuis plusieurs mois des « big splash » dans l’Isère et le Drac pour défendre l’idée que les rivières pourraient aussi devenir des espaces de fraîcheur, notamment avec des étés de plus en plus chauds.

La Ville de Grenoble a elle aussi commencé à étudier cette possibilité, avec une logique d’expérimentation très encadrée.

Mais l’accident de dimanche donne forcément du poids à ceux qui rappellent que les cours d’eau autour de Grenoble restent techniques, puissants et parfois imprévisibles.

Alors, bonne ou mauvaise idée ?

La réponse est probablement moins simple que le débat sur les réseaux.

Interdire toute baignade reviendrait à ignorer les expériences encadrées qui peuvent être sécurisées. À l’inverse, banaliser la baignade dans le Drac ou l’Isère sans distinguer les secteurs, les débits ou les ouvrages serait dangereux.

Le vrai enjeu, c’est peut-être ça : apprendre à faire la différence entre une rivière surveillée dans une zone choisie et une rivière qu’on pense tranquille simplement parce qu’elle en a l’air.

Et après ce qui s’est passé à Champ-sur-Drac, cette nuance risque de devenir impossible à éviter.

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