Chicagre Le MédiaChargement du site

Le style du site n’a pas pu être chargé correctement.

Réessayer
Chicagre Le Média← RETOUR AUX ACTUS
QUOTIDIEN · Grenoble · Isère

Grenoble : 800 étudiants ont fait la queue pour une distribution alimentaire

En pleine rentrée universitaire, environ 800 étudiants se sont présentés à une distribution alimentaire à Grenoble. Derrière cette file impressionnante, une réalité beaucoup moins visible au quotidien : pour une partie des jeunes, se nourrir correctement reste une vraie difficulté.

Longue file d’étudiants attendant une distribution alimentaire à Grenoble en pleine rentrée universitaire.
CRÉDIT PHOTO — Illustration Chicagre

800 étudiants.

Rien que le chiffre suffit à raconter une partie du problème.

À Grenoble, une distribution alimentaire organisée pour les étudiants a attiré environ 800 personnes, selon ICI Isère. Une file importante, en pleine rentrée universitaire, qui rappelle que derrière les cours, les logements et les soirées de septembre, certains commencent aussi l’année en comptant chaque euro.

La nourriture devient une variable d’ajustement

Quand le budget est serré, l’alimentation fait souvent partie des premières dépenses sur lesquelles on coupe.

À Grenoble, ce n’est pas un phénomène marginal. La Ville rappelle qu’en 2022, 44 % des moins de 25 ans interrogés déclaraient se restreindre sur leurs achats alimentaires pour finir le mois.

Du côté de l’Université Grenoble Alpes, les chiffres vont dans le même sens : parmi les étudiants de master interrogés en 2023, un tiers disait rencontrer des difficultés financières pour faire face à des besoins essentiels comme le loyer, l’alimentation ou les factures.

Autrement dit, la file vue cette semaine n’est pas juste une image forte. Elle s’inscrit dans quelque chose de plus large.

À Grenoble, plusieurs dispositifs existent déjà

Sur le campus, plusieurs structures tentent de répondre à cette précarité.

L’UGA recense notamment l’Agoraé, le Rayon Esope 38, les distributions de Génération Précarité ou encore celles d’EMF Grenoble. Les étudiants peuvent aussi bénéficier du repas à 1 € au Crous et être orientés vers les services sociaux en cas de difficulté.

Ces dispositifs sont utiles, mais leur existence dit aussi quelque chose : le besoin est installé.

Et en septembre, au moment où les loyers, cautions, abonnements, fournitures et dépenses de rentrée tombent souvent en même temps, la pression peut encore monter.

Une rentrée à deux vitesses

Grenoble accueille cette année environ 57 000 étudiants à l’UGA, dont 12 000 nouveaux inscrits en première année.

Pour beaucoup, la rentrée rime avec nouveau campus, nouvelles rencontres et nouvelle vie.

Pour d’autres, elle commence aussi avec une file d’attente pour repartir avec de quoi manger.

C’est ce contraste qui rend cette scène importante.

Parce qu’une ville peut être très étudiante, très dynamique et très attractive, tout en comptant beaucoup de jeunes qui galèrent en silence.

Les 800 personnes présentes à cette distribution ne résument pas toute la jeunesse grenobloise.

Mais elles rappellent clairement qu’une partie d’entre elle commence l’année avec des priorités beaucoup plus basiques que choisir où sortir le jeudi soir.

PARTAGER L’ARTICLE :

← RETOUR AUX ACTUS