Une seule nuit a suffi pour provoquer la mort de dizaines de brebis dans le Vercors.
Vendredi 9 octobre au matin, Christelle Guignard, éleveuse à Villard-de-Lans, découvre les conséquences d'une attaque de loups sur son troupeau, installé sous le Cornafion, entre le vallon de la Fauge et le hameau des Clots.
Sur place, le bilan est particulièrement important. La préfecture de l'Isère fait état de 54 brebis mortes et 8 blessées. L'éleveuse, elle, évoque une soixantaine de pertes.
Le troupeau comptait environ 450 animaux, dont une grande partie de brebis gestantes.
Une quinzaine de brebis attaquées directement, les autres mortes en fuyant
Le détail le plus marquant, c'est que toutes les brebis n'ont pas été tuées directement par les loups.
D'après les constatations communiquées à l'AFP par Sébastien Mollet, responsable départemental de l'Office français de la biodiversité (OFB), une quinzaine d'animaux ont été directement tués par les prédateurs.
Les autres auraient succombé à un mouvement de panique. En tentant d'échapper aux loups, elles sont tombées dans une combe, où plusieurs se sont retrouvées entassées et sont mortes étouffées.
Un louveteau a également été retrouvé mort dans les filets électrifiés du parc, un élément qui contribue à confirmer l'implication des loups dans cette attaque.
Des chiens, des clôtures… mais une attaque malgré tout
Ce qui rend la situation particulièrement difficile pour l'éleveuse, c'est que le troupeau bénéficiait déjà de plusieurs moyens de protection.
Chiens de protection, clôtures électrifiées, dispositifs lumineux et sonores : différentes mesures étaient en place pour limiter le risque d'attaque.
Dans un reportage diffusé par TF1, Christelle Guignard explique que certaines brebis étaient élevées depuis une dizaine d'années. Leur perte représente donc aussi des années de travail.
Depuis l'attaque, son frère Jean-Luc, également éleveur, passe ses nuits à surveiller les animaux restants.
Les carcasses devaient être évacuées par hélicoptère ce lundi 12 octobre, avec l'aide de la Fédération des alpages de l'Isère.
Une deuxième attaque massive dans le Vercors en moins de deux mois
Cette attaque intervient seulement quelques semaines après un précédent épisode particulièrement important.
Dans la nuit du 30 au 31 août, 64 brebis avaient déjà trouvé la mort à Bouvante, dans la Drôme, également dans le massif du Vercors.
Ces événements relancent les tensions autour de la présence du loup. Les éleveurs demandent des moyens de protection supplémentaires et une régulation accrue, tandis que les associations de défense de la faune rappellent l'importance de la conservation de cette espèce.
La gestion des loups reste encadrée par la réglementation, avec des tirs dérogatoires possibles sous certaines conditions.
À Villard-de-Lans, le bilan dépasse désormais la seule perte des 54 brebis : plusieurs animaux étaient gestants, ce qui représente également une perte importante pour les futures naissances et l'activité de l'exploitation.
Pour Christelle Guignard, il faut maintenant gérer les conséquences de l'attaque tout en essayant de protéger les centaines de brebis encore présentes sur l'alpage.




