À 10 h 15, plusieurs centaines de personnes se trouvent devant le lycée Emmanuel-Mounier, à Grenoble. Le rassemblement réunit des lycéens, des enseignants et des syndicats, dans une ambiance décrite comme calme et bon enfant. Un cortège attend alors des étudiants de l’Université Grenoble Alpes avant de prendre la direction du lycée Victor-Hugo. Les lycéens doivent rejoindre la marche à partir de 11 heures pour gagner la place Victor-Hugo.
La mobilisation du mardi 6 octobre marque une étape nouvelle : les étudiants prennent part au mouvement aux côtés des lycéens. À l’UGA, près de 200 étudiants étaient déjà rassemblés peu avant 8 heures. Le campus grenoblois était bloqué depuis 6 heures, une première depuis le début du mouvement selon les éléments rapportés ce jour-là. Les revendications portent notamment sur les conditions d’apprentissage.
De l’UGA à Mounier, une matinée en plusieurs étapes
Les étudiants se sont d’abord réunis sur la place centrale du campus, où ils ont entonné des chants revendicatifs. Ils ont ensuite marché en direction du lycée Emmanuel-Mounier, identifié comme un point de ralliement de la mobilisation lycéenne à Grenoble. Le cortège devait poursuivre son parcours vers Victor-Hugo, puis rejoindre la place Victor-Hugo avec les lycéens.
La journée avait commencé tôt sur le campus. Des bâtiments de cours et des routes ont été bloqués. Un feu avait aussi été allumé pour entraver une partie des accès en voiture. Les pompiers ont finalement pu intervenir pour éteindre le feu qui faisait barrage sur la ligne de tramway. Plus tard dans la matinée, plusieurs voitures de police étaient présentes sur le campus, à distance des étudiants, tandis que la marche se poursuivait dans le calme.
L’UGA a levé l’obligation d’assiduité pour l’ensemble des cours du mardi 6 octobre. La mesure a été communiquée par courriel aux étudiants. Plus tôt, la présidence avait indiqué que l’assiduité était levée jusqu’à midi ; les manifestants avaient demandé que la mesure s’applique à toute la journée. La décision a été accueillie sur place comme une « première victoire » par certains étudiants mobilisés.
Des revendications qui dépassent Grenoble
La mobilisation ne se limite pas à la capitale des Alpes. À Bourgoin-Jallieu, environ 300 lycéens, principalement de l’Oiselet, ont rejoint le parc des Lilattes. Le rassemblement y a pris une forme plus apaisée que la veille, selon le récit du direct. À Pont-de-Chéruy, une quarantaine de personnes s’étaient réunies le matin devant le lycée La Pléiade, sans bloquer l’établissement. À Voiron, une centaine de personnes étaient présentes devant le lycée Ferdinand-Buisson.
À Roussillon, des élèves ont transmis leurs revendications au proviseur. Ils ont notamment évoqué les classes chargées, les emplois du temps, une pause méridienne parfois limitée à 30 minutes et Parcoursup. Au lycée Berlioz, à La Côte-Saint-André, élèves et enseignants ont aussi dénoncé le manque de remplaçants, les locaux et des classes comptant entre 32 et 35 élèves, selon les témoignages recueillis sur place.
Les difficultés matérielles reviennent également dans les paroles de lycéens. Une élève de terminale à l’Oiselet a décrit des problèmes dans les douches et l’absence d’eau chaude pendant plusieurs semaines l’année précédente. Elle a aussi comparé le travail en petit groupe à celui en classe entière, où les effectifs sont plus importants. À Morestel, des enseignants ont pour leur part évoqué les longues journées liées aux trajets en bus, ainsi que des salles où il peut faire très chaud ou où de l’eau tombe du plafond lorsqu’il pleut.
Une délégation attendue à la mairie
À Grenoble, une délégation de lycéens devait être reçue à la mairie autour de 16 heures, pendant le conseil municipal. La maire Laurence Ruffin avait déjà rencontré, la veille, des représentants de l’interlycées grenoblois avec des élus de la majorité, afin qu’ils présentent leurs revendications.
Les transports ont aussi été touchés dans l’agglomération : le trafic des tramways était fortement perturbé le matin, avec une interruption complète annoncée à partir de 10 heures dans le centre-ville. La préfecture avait par ailleurs pris des mesures concernant les rassemblements à proximité de certains établissements et interdit le transport, l’achat, la vente, la cession ou l’utilisation de fumigènes et d’artifices jusqu’au mercredi 7 octobre à 23 heures.
À Mounier, le rendez-vous du matin devait donc se prolonger par une marche commune vers le centre de Grenoble. La suite annoncée à la mairie devait permettre aux lycéens de présenter directement leurs demandes aux élus.




