Ce jeudi 5 novembre, Grenoble a connu une importante journée de mobilisation sociale. Des milliers de personnes ont défilé dans les rues, plusieurs lycées ont été bloqués et dix interpellations ont été recensées dans le département. Autre fait marquant : le tribunal administratif a suspendu une interdiction préfectorale de manifester dans le centre-ville.
Retour sur une journée qui a mobilisé bien au-delà du seul centre de Grenoble.
Jusqu’à 28 600 manifestants dans les rues de Grenoble
Les chiffres donnent une idée de l'ampleur du rassemblement, même si les estimations diffèrent fortement.
10 400 personnes ont manifesté selon la préfecture de l’Isère, contre 28 600 selon les organisations syndicales. Un écart de plus de 18 000 personnes entre les deux comptages.
Salariés, étudiants, lycéens et retraités se sont mobilisés autour de plusieurs revendications, notamment les salaires, le pouvoir d'achat et les moyens accordés aux services publics.
Le cortège principal est parti vers 11 heures du secteur de la gare et de l'avenue Alsace-Lorraine, avant de rejoindre la place de Verdun.
D'autres rassemblements ont également eu lieu dans le département, notamment à Bourgoin-Jallieu, Vienne, Roussillon et Voreppe.
Une interdiction de manifester suspendue par la justice
C'est l'un des épisodes les plus marquants de cette journée.
La préfecture avait pris un arrêté interdisant les manifestations dans plusieurs secteurs du centre-ville grenoblois, en raison de risques de troubles à l'ordre public.
Mais jeudi matin, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu cette interdiction concernant le cortège déclaré par l'intersyndicale.
La décision est intervenue alors que les manifestants se trouvaient encore cours Jean-Jaurès. Ils ont finalement pu poursuivre leur parcours initial jusqu'à la place de Verdun.
Le tribunal a notamment estimé que les restrictions portaient une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester, au regard des justifications présentées.
Cette suspension concernait le cortège visé par la décision judiciaire. Elle ne signifiait pas que toutes les restrictions préfectorales étaient automatiquement annulées.
Douze lycées bloqués et dix personnes interpellées
La mobilisation a également touché plusieurs établissements scolaires de l'Isère.
D'après le bilan préfectoral relayé par la presse locale, douze lycées ont été concernés par des blocages et des incidents, dont six dans l'agglomération grenobloise.
Des jets de projectiles et des tirs de mortiers ont été signalés lors de certaines interventions.
Quatre gendarmes ont été légèrement blessés à Pont-de-Chéruy et à L'Isle-d'Abeau.
À Grenoble, les autorités ont également signalé la présence d'un groupe d'environ cinquante personnes présenté comme un black bloc. Une vitrine d'agence bancaire et une caméra de vidéoprotection ont été dégradées. Des tirs de mortiers en direction des forces de l'ordre ont aussi été rapportés.
Au total, dix personnes ont été interpellées dans le département pendant cette journée.
Il faut toutefois distinguer ces incidents du déroulement du cortège syndical principal, décrit comme globalement calme. Les éléments disponibles ne permettent pas non plus de préciser les suites judiciaires individuelles des dix interpellations.
Une nouvelle manifestation samedi 7 novembre à Grenoble ?
Après cette journée particulièrement suivie, une question se pose : la mobilisation va-t-elle continuer ce week-end ?
Au vendredi 6 novembre, les informations disponibles ne permettent pas de confirmer l'organisation d'une nouvelle manifestation intersyndicale à Grenoble pour le samedi 7 novembre.
Aucun horaire ni itinéraire officiel n'a pu être établi à partir des éléments consultés.
Cela ne signifie pas qu'aucune initiative locale ne pourra avoir lieu. Les éventuelles annonces des organisations syndicales, de la préfecture de l'Isère et de M réso restent à surveiller, notamment pour les conséquences possibles sur les déplacements.
Le bilan du jeudi 5 novembre reste donc marqué par trois faits : une mobilisation de plusieurs milliers de personnes, des blocages et incidents dans plusieurs lycées isérois, et une décision de justice qui a permis au cortège syndical de maintenir son itinéraire dans Grenoble.





