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Grenoble : bientôt le nom d'une marque sur le Stade des Alpes ? Les supporters disent non

Et si le Stade des Alpes ne s'appelait bientôt plus le Stade des Alpes ? L'idée de vendre son nom à une entreprise refait surface à Grenoble, sur fond de tensions financières entre les clubs et la Métropole. Mais les Red Kaos, supporters historiques du GF38, ont déjà prévenu : ils comptent bien s'y opposer. Et leurs avertissements ne s'adressent pas uniquement aux élus.

Vue extérieure du Stade des Alpes à Grenoble, enceinte sportive accueillant le Grenoble Foot 38 et le FC Grenoble Rugby, au centre du débat sur un éventuel changement de nom commercial.
CRÉDIT PHOTO — Illustration Chicagre

Imaginez : vous allez voir le GF38 ou le FCG au Stade des Alpes. Sauf qu'à l'entrée, le stade porte désormais le nom d'une entreprise.

Un détail pour certains. Un sacré problème pour d'autres.

À Grenoble, l'idée de commercialiser le nom du Stade des Alpes refait parler. Et les Red Kaos 94, groupe historique de supporters du GF38, n'ont pas attendu qu'un accord soit signé pour réagir.

Dans un communiqué publié le 14 octobre, les ultras affichent leur opposition à tout changement de nom lié à une marque. Un avertissement qui vise autant les décideurs que les entreprises susceptibles de s'associer au projet.

Pourquoi le Stade des Alpes pourrait-il changer de nom ?

D'abord, il faut comprendre ce qu'est le naming.

Le principe est simple : une entreprise paie pour associer son nom à celui d'un stade, généralement pendant plusieurs années.

En échange, elle bénéficie d'une visibilité importante. Pour les clubs ou les gestionnaires de l'équipement, c'est une nouvelle source de revenus.

Et à Grenoble, la question financière est loin d'être anecdotique.

Le Stade des Alpes appartient à Grenoble Alpes Métropole. Il accueille deux clubs professionnels : le GF38 pour le football et le FCG pour le rugby.

Depuis le 29 juin 2025, la Métropole assure directement la gestion du stade, après l'échec des négociations avec la structure auparavant chargée de son exploitation.

À l'époque, elle avait annoncé un tarif de 30 000 € par match pour les deux clubs.

Les discussions financières se sont poursuivies. Le 24 septembre 2026, le FCG a même annoncé suspendre le paiement de ses loyers, sur fond de désaccords avec la Métropole.

Dans ce contexte, l'idée de trouver de nouvelles recettes grâce à un partenaire commercial revient régulièrement dans les débats.

Les Red Kaos préviennent : pas question de toucher au nom

Pour les Red Kaos, la question dépasse largement l'argent.

Le Stade des Alpes n'est pas seulement un bâtiment de 20 000 places : c'est un lieu associé à l'histoire sportive et à l'identité de Grenoble.

Dans leur communiqué, les supporters dénoncent ce qu'ils considèrent comme une atteinte à un équipement public.

Ils évoquent une « tache indélébile sur un monument de Grenoble » si une marque venait à s'approprier son nom.

Mais leur avertissement va plus loin.

D'après Grenoble Mag, le groupe envisage différentes formes d'opposition, allant des manifestations aux actions visant l'image d'une éventuelle entreprise partenaire. Le communiqué évoque également la possibilité de dégradations.

Ce sont des intentions exprimées par le groupe, pas des actions déjà commises.

Un nom que les Grenoblois avaient eux-mêmes choisi

Il y a un détail historique qui donne une autre dimension au débat.

Avant l'ouverture du stade en février 2008, les habitants de l'agglomération avaient été invités à participer au choix de son nom, à travers un concours organisé en 2007.

« Stade des Alpes » était arrivé en tête des propositions avant d'être retenu.

Depuis, l'enceinte a accompagné plusieurs moments forts du sport grenoblois.

Le 15 février 2008, le GF38 y disputait son premier match contre Clermont, remporté 2-0. Quelques mois plus tard, le club célébrait sa montée en Ligue 1.

Le FCG y a également installé ses rendez-vous à domicile, faisant de cette enceinte l'un des rares stades français partagés par deux clubs professionnels.

Voilà pourquoi, pour une partie des supporters, changer le nom du stade reviendrait à toucher à quelque chose de plus important qu'une simple enseigne.

Le stade va-t-il vraiment changer de nom ?

Pour le moment, aucun changement de nom n'est officiellement acté.

Aucune entreprise partenaire n'a été annoncée, et aucun contrat de naming signé n'a été identifié dans les informations disponibles.

L'idée a pourtant déjà été discutée.

En février 2025, lors d'un conseil métropolitain, une estimation de 400 000 à 700 000 € de recettes potentielles avait été évoquée pour un éventuel contrat de naming. Il s'agissait d'une évaluation avancée dans le débat, pas d'une offre commerciale confirmée.

Quelques mois plus tard, dans un communiqué commun, le GF38 et le FCG affirmaient que la Métropole n'avait jamais autorisé les clubs à proposer un tel contrat. Ils évoquaient également un obstacle lié à la réglementation locale sur la publicité.

Autrement dit, la question est bien réelle, mais le changement de nom reste hypothétique.

Et les discussions autour du financement du stade devront encore aboutir.

Reste maintenant à savoir si les élus et les clubs trouveront une solution qui permette de financer l'équipement tout en conservant son identité.

Parce qu'à Grenoble, on peut débattre longtemps d'un sponsor sur un maillot. Mais quand il s'agit de toucher au nom du Stade des Alpes, visiblement, le match commence avant même le coup d'envoi.

Par la rédaction ChicagrePublié le Dernière mise à jour le

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