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Grenoble : les manifestations interdites dans le centre-ville dès jeudi, un couvre-feu bientôt instauré ?

À trois jours des nouvelles manifestations annoncées samedi 24 octobre, la préfecture de l'Isère vient de prendre une décision importante. Dès jeudi matin, les rassemblements et cortèges seront interdits dans une large partie du centre-ville de Grenoble, jusqu'à dimanche matin. Un couvre-feu reste également envisagé, mais n'a pas été décrété pour le moment.

Vue du centre-ville de Grenoble, près de la place Victor-Hugo, pour illustrer les restrictions de manifestations annoncées par la préfecture de l'Isère du 22 au 25 octobre 2026.
CRÉDIT PHOTO — Pacôme Zanardi

Plus de manifestations ni de rassemblements dans une large partie du centre-ville de Grenoble à partir du jeudi 22 octobre à 6 h, et jusqu'au dimanche 25 octobre à 6 h.

C'est la décision annoncée mercredi soir par Catherine Séguin, préfète de l'Isère, après les violences survenues lors des manifestations du 17 octobre.

Et la mesure tombe à un moment particulier : de nouveaux rassemblements étaient justement annoncés ce samedi 24 octobre à Grenoble, notamment à l'appel des Gilets jaunes et d'organisations étudiantes.

Quelles rues de Grenoble sont concernées ?

L'interdiction ne s'applique pas à toute l'agglomération, mais à un périmètre défini du centre-ville.

Selon les mesures détaillées par la préfecture et rapportées par Le Dauphiné Libéré, la zone concernée s'étend notamment :

- Au nord : jusqu'aux abords de l'Isère, le long de la voie de Corato.
- À l'ouest : boulevard Gambetta, jusqu'à la Caserne de Bonne.
- À l'est : rue Masséna, boulevard Maréchal-Leclerc et rue du 19-Mars-1962.
- Au sud : boulevard Jean-Pain, aux abords de l'Hôtel de Ville, avec la rue Bistési jusqu'au boulevard Maréchal-Joffre.

Les manifestations, cortèges et attroupements sont interdits à l'intérieur de cette zone pendant toute la durée de la mesure.

Les manifestations du samedi 24 octobre sont-elles annulées ?

C'est la grande question.

Avant cette annonce, deux rassemblements avaient été relayés pour samedi à Grenoble : un premier à 10 h devant l'Hôtel de Ville, puis un second à 13 h 30 place Victor-Hugo.

Ces deux lieux sont concernés par le périmètre annoncé.

Cela signifie que les rassemblements ne peuvent pas se tenir à ces emplacements dans les conditions initialement prévues.

En revanche, l'interdiction ne permet pas d'affirmer que l'ensemble des mobilisations de samedi est annulé. Les organisateurs pourraient notamment annoncer d'autres modalités ou lieux de rendez-vous, sous réserve des règles applicables.

Aucun nouveau point de rassemblement confirmé n'a été identifié au moment de la rédaction.

Et le couvre-feu à Grenoble ?

Pour le moment, aucun couvre-feu n'a été décrété à Grenoble.

La préfète n'exclut toutefois pas cette possibilité si la situation évolue et si les autorités estiment que de nouvelles restrictions sont nécessaires.

Il faut bien distinguer les deux décisions : interdire les rassemblements dans un périmètre ne signifie pas interdire aux habitants de circuler normalement dans ce secteur.

Les Grenoblois ne sont donc pas soumis à un couvre-feu dans le cadre des mesures annoncées mercredi soir.

D'autres restrictions dès jeudi matin

En complément, la préfecture prévoit plusieurs mesures de sécurité applicables du jeudi 22 octobre à 6 h au lundi 26 octobre à 8 h.

Elles concernent notamment les fumigènes, les artifices de divertissement, le transport de certains produits inflammables ou corrosifs, les armes et, sous certaines conditions, les objets destinés à dissimuler le visage pour éviter une identification.

Ces restrictions ont une durée différente de celle de l'interdiction des manifestations.

Pourquoi la préfecture prend-elle cette décision ?

Samedi 17 octobre, jusqu'à 13 000 personnes avaient participé aux manifestations à Grenoble, selon les autorités.

La journée avait également été marquée par des affrontements, des incendies et des pillages dans différents secteurs de la ville.

Une semaine plus tard, la préfecture explique vouloir éviter de nouveaux troubles à l'ordre public, alors que plusieurs organisations avaient prévu de se mobiliser à nouveau.

Cette décision ne signifie pas que tous les manifestants du 17 octobre étaient impliqués dans les violences. Elle intervient dans un contexte où les autorités cherchent à prévenir de nouveaux débordements tout en encadrant l'exercice du droit de manifester.

Pour les Grenoblois qui comptaient se rendre aux rassemblements de samedi, les lieux initialement annoncés ne sont donc plus utilisables pour manifester pendant la période d'interdiction.

Reste maintenant à savoir si les organisateurs proposeront de nouveaux rendez-vous et si la préfecture décidera, ou non, de renforcer encore les mesures d'ici au week-end.

Par la rédaction ChicagrePublié le Dernière mise à jour le

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