À Grenoble, le samedi 24 octobre se prépare déjà. Et cette fois, les mesures de sécurité ne concernent pas uniquement la police.
À l'approche des nouvelles manifestations annoncées ce week-end, les autorités préparent un dispositif renforcé. De leur côté, plusieurs commerçants du centre-ville cherchent des solutions pour protéger leurs établissements.
Renforts policiers demandés, sociétés de sécurité privées sollicitées, vitrines protégées… Une semaine après les événements du 17 octobre, chacun essaie d'anticiper la journée à venir.
Des policiers supplémentaires demandés pour samedi
Catherine Séguin, préfète de l'Isère, a annoncé avoir demandé des renforts pour accompagner les forces de l'ordre déjà présentes dans l'agglomération grenobloise.
L'objectif affiché est de permettre le déroulement des mobilisations autorisées tout en évitant de nouveaux incidents.
D'après les informations rapportées par Le Dauphiné Libéré, davantage de policiers doivent être engagés sur le terrain que lors du samedi 17 octobre, selon le directeur interdépartemental de la police nationale de l'Isère, Jérôme Chappa.
Aucun chiffre précis sur les effectifs prévus n'a toutefois été communiqué.
Des militaires de l'opération Sentinelle doivent également être mobilisés pour la sécurisation de lieux publics. Leur mission est distincte de celle des policiers chargés de l'encadrement des manifestations.
Dans les commerces, la sécurité privée est très demandée
Pendant ce temps, certains commerçants s'organisent de leur côté.
Les sociétés de sécurité privées enregistrent une forte demande à l'approche du 24 octobre, d'après les informations publiées jeudi 22 octobre par Le Dauphiné Libéré.
Plusieurs enseignes cherchent notamment à renforcer la surveillance de leurs locaux, tandis que d'autres envisagent de fermer plus tôt ou de protéger leurs vitrines.
Dans les rues du centre-ville, certains magasins ont déjà installé des panneaux de bois ou retiré une partie de leurs marchandises.
Des précautions qui témoignent des inquiétudes encore présentes après les dégradations du week-end précédent.
Pour les commerçants, la question est aussi économique : ouvrir samedi permet de travailler, mais renforcer la sécurité ou fermer temporairement représente un coût.
À ce stade, aucune obligation générale de fermeture des commerces n'a été annoncée par la préfecture.
Manifestations : ce qui est interdit à Grenoble
Les mesures préfectorales sont déjà entrées en vigueur.
Depuis jeudi 22 octobre à 6 h et jusqu'à dimanche 25 octobre à 6 h, les manifestations et rassemblements sont interdits dans un périmètre défini du centre-ville de Grenoble.
Cette interdiction concerne notamment le secteur de la place Victor-Hugo et les abords de l'Hôtel de Ville.
En revanche, elle ne signifie pas que toute manifestation est interdite dans l'ensemble de Grenoble.
Plusieurs mobilisations ont été annoncées pour samedi, notamment à l'appel de collectifs de Gilets jaunes et d'organisations étudiantes.
La préfecture se réserve la possibilité de prendre des mesures supplémentaires si les informations dont elle dispose font apparaître de nouveaux risques.
Et le couvre-feu ?
C'est une question qui revient depuis plusieurs jours.
Aucun couvre-feu n'a été instauré à Grenoble à ce stade.
La préfète a néanmoins indiqué que cette possibilité restait envisagée si la situation l'exigeait.
Il faut donc distinguer les mesures déjà applicables des décisions qui pourraient éventuellement être prises.
Pour les habitants, cela signifie notamment que circuler normalement dans le centre-ville n'est pas interdit par les arrêtés concernant les manifestations.
Après le 17 octobre, un équilibre à trouver
Samedi dernier, les mobilisations avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes autour de revendications concernant notamment le pouvoir d'achat, l'éducation et les services publics.
La journée avait également été marquée par des affrontements, des incendies et des pillages, dont les conséquences restent importantes pour de nombreux professionnels.
Depuis, les autorités ont annoncé des mesures supplémentaires, et les acteurs économiques cherchent eux aussi à se préparer.
Mais le dispositif de sécurité ne permet pas, à lui seul, de prévoir comment se déroulera la journée du 24 octobre.
Les organisateurs souhaitent poursuivre leurs mobilisations, les commerçants veulent pouvoir travailler et les autorités affirment vouloir garantir la sécurité des personnes et des biens.
À Grenoble, les préparatifs sont donc bien engagés.
Reste à savoir comment se déroulera réellement ce nouveau samedi de mobilisation.




