840 étudiants dans les rues de Grenoble, un cortège stoppé près du parc Paul-Mistral et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Jeudi 22 octobre, la mobilisation étudiante s'est poursuivie malgré les nouvelles restrictions préfectorales.
Partis du campus de Saint-Martin-d'Hères, les étudiants souhaitaient rejoindre le rectorat de Grenoble. Mais leur trajet s'est arrêté aux portes du centre-ville, où les forces de l'ordre avaient été déployées pour faire respecter l'interdiction de manifester dans le secteur.
Une nouvelle journée de tension à Grenoble, cinq jours après les événements du 17 octobre.
Du campus au parc Paul-Mistral, la mobilisation prend de l'ampleur
Tout commence vers 9 h, sur le campus universitaire de Saint-Martin-d'Hères.
Environ 150 étudiants se rassemblent devant la Maison du doctorant, où doit se tenir un conseil d'administration de l'Université Grenoble Alpes.
Ils demandent à rencontrer le président de l'UGA, Yassine Lakhnech. Celui-ci vient échanger avec les manifestants, mais la discussion s'interrompt dans un climat tendu.
Le cortège prend ensuite la direction de Grenoble. D'abord quelques centaines, les étudiants sont rejoints par un second groupe en début d'après-midi.
Au total, la police comptabilise 840 manifestants, tandis que d'autres estimations évoquent près d'un millier de participants.
Leur objectif : rejoindre le rectorat pour faire entendre leurs revendications.
Des gaz lacrymogènes aux abords du parc Paul-Mistral
Sauf que, depuis jeudi 22 octobre à 6 h, les rassemblements et manifestations sont interdits dans un périmètre défini du centre-ville, sur décision de la préfecture de l'Isère.
Cette restriction, annoncée après les violences du 17 octobre, doit rester en vigueur jusqu'au dimanche 25 octobre à 6 h.
Le cortège étudiant arrive donc face à un dispositif d'environ une centaine de policiers près du boulevard Jean-Pain.
Peu avant 14 h, les tensions montent. Après des sommations, les forces de l'ordre utilisent des gaz lacrymogènes et effectuent une charge.
Les étudiants se dispersent alors dans le parc Paul-Mistral.
Selon le reportage de Place Gre'net, le calme revient progressivement et les derniers participants quittent le secteur vers 15 h 30. Plusieurs lignes de tram et de bus ont également été perturbées pendant la mobilisation.
Mais pourquoi les étudiants manifestent-ils ?
Derrière les images du face-à-face avec la police, les revendications sont très concrètes.
Les étudiants dénoncent notamment le manque de moyens à l'université, des bâtiments vieillissants, des salles insuffisamment chauffées et des cours perturbés par le manque d'enseignants.
L'Unef réclame également un droit de grève étudiant sans pénalisation dans les cursus, une solution pour les jeunes toujours sans affectation dans l'enseignement supérieur et l'abandon des hausses de frais d'inscription pour les étudiants étrangers.
Autrement dit, il ne s'agit pas uniquement de contester l'interdiction de manifester : les étudiants veulent aussi pouvoir étudier dans de meilleures conditions.
Une nouvelle mobilisation attendue samedi à Grenoble
Cette journée s'inscrit dans un mouvement social qui dure depuis plusieurs semaines, avec des mobilisations lycéennes, étudiantes et syndicales.
Pour la préfecture, les restrictions visent à éviter de nouveaux troubles après les violences du 17 octobre. Les manifestations étudiantes de jeudi n'étaient pas interdites dans leur ensemble, mais leur accès à l'hypercentre était encadré.
Un nouveau rendez-vous est annoncé samedi 24 octobre à Grenoble, dans un contexte où les itinéraires des manifestations doivent tenir compte du périmètre interdit.
Reste une question pour les étudiants : après plusieurs semaines de mobilisation, leurs revendications sur les moyens accordés à l'université trouveront-elles une réponse ?
Car jeudi, leur cortège n'a pas atteint le rectorat. Mais les problèmes qu'ils étaient venus dénoncer, eux, restent bien présents.




