Cette fois, ce n'est plus une possibilité : plusieurs secteurs de Grenoble seront bien soumis à un couvre-feu samedi 24 octobre à partir de 18 h.
Vendredi soir, la préfète de l'Isère, Catherine Séguin, a annoncé de nouvelles mesures de sécurité à la veille des manifestations prévues dans l'agglomération grenobloise.
Et la décision ne concerne pas uniquement le centre-ville : trois grandes zones commerciales seront également soumises au couvre-feu.
Grenoble, Échirolles, Saint-Martin-d'Hères : où s'applique le couvre-feu ?
D'après le communiqué officiel publié vendredi 23 octobre par la préfecture de l'Isère, le couvre-feu entrera en vigueur samedi 24 octobre à 18 h et prendra fin dimanche 25 octobre à 6 h.
Il concerne :
- Grenoble : plusieurs secteurs du centre-ville, dans le périmètre défini par l'arrêté préfectoral.
- Grand'Place : la zone commerciale située à Grenoble.
- Comboire : la zone commerciale située à Échirolles.
- Neyrpic : la zone commerciale de Saint-Martin-d'Hères.
La mesure ne s'applique donc pas à l'ensemble de l'agglomération.
Pour le centre-ville, les restrictions antérieures sur les manifestations concernaient un périmètre délimité notamment par la voie de Corato au nord, le boulevard Gambetta à l'ouest, les secteurs de la rue Masséna et du boulevard Maréchal-Leclerc à l'est, et ceux des boulevards Jean-Pain et Maréchal-Joffre au sud.
Pour savoir précisément quelles rues sont soumises au couvre-feu, le plan annexé à l'arrêté préfectoral du 23 octobre reste la référence. Il ne faut pas supposer que toutes les rues précédemment interdites aux manifestations sont automatiquement soumises aux mêmes restrictions de déplacement.
Peut-on sortir après 18 h à Grenoble ?
C'est probablement la question que beaucoup se posent.
Le couvre-feu ne signifie pas que tous les déplacements sont interdits sans exception.
Selon les dispositions de l'arrêté préfectoral rapportées par Le Dauphiné Libéré, plusieurs déplacements restent autorisés dans les zones concernées, notamment pour :
- Rejoindre ou quitter son domicile, son hôtel ou son lieu d'hébergement.
- Un motif médical, comme recevoir des soins ou se rendre à une pharmacie.
- Une urgence familiale, l'assistance à une personne vulnérable ou la garde d'enfants.
- Traverser le périmètre en véhicule sans s'y arrêter.
- Certaines missions professionnelles et de service public, notamment les secours, la santé, les transports et les services essentiels.
Des dispositions concernent également les journalistes et les élus dans l'exercice de leurs fonctions.
Attention : une personne présente dans une zone sous couvre-feu devra pouvoir justifier que son déplacement relève d'un motif autorisé.
Le non-respect des restrictions peut entraîner une sanction.
Pourquoi cette décision tombe-t-elle maintenant ?
Le contexte est connu des Grenoblois.
Samedi 17 octobre, plusieurs manifestations avaient rassemblé des milliers de personnes, notamment autour des revendications des Gilets jaunes, des étudiants et des syndicats.
La journée avait aussi été marquée par des affrontements, des incendies et des pillages, avec des conséquences importantes pour plusieurs commerçants du centre-ville.
Une semaine plus tard, de nouvelles mobilisations sont annoncées pour le samedi 24 octobre.
Un rassemblement lycéen et étudiant est annoncé à 11 h au lycée Emmanuel-Mounier, tandis qu'un cortège interluttes et des Gilets jaunes doit partir de la gare de Grenoble à 14 h.
Ces horaires correspondent aux appels relayés avant la journée et restent susceptibles d'évoluer.
Dans ce contexte, la préfecture indique vouloir prévenir de nouveaux troubles et protéger les habitants, les commerces et les biens.
Le couvre-feu est une mesure de prévention décidée par les autorités. Il ne permet pas de prédire le déroulement des manifestations ni d'attribuer les violences du 17 octobre à l'ensemble de leurs participants.
D'autres interdictions restent en vigueur
Le couvre-feu s'ajoute aux restrictions déjà annoncées en début de semaine.
Jusqu'au dimanche 25 octobre à 6 h, les rassemblements, cortèges et manifestations restent interdits dans le périmètre défini du centre-ville de Grenoble.
D'autres restrictions demeurent applicables jusqu'au lundi 26 octobre à 8 h, concernant notamment :
- L'achat, la vente, le transport, le port et l'utilisation de fumigènes et d'artifices de divertissement.
- Le transport de certains combustibles, carburants à emporter et gaz inflammables.
- Le port et le transport d'armes.
- Le port ou le transport, sans motif légitime, d'objets destinés à dissimuler le visage afin d'éviter une identification.
Ces mesures figurent dans la communication officielle de la préfecture de l'Isère, publiée le vendredi 23 octobre.
Informations officielles :
https://www.isere.gouv.fr/Actualites/Espace-presse/Communiques-de-presse/Securite-publique
Ce qu'il faut retenir pour samedi soir
À partir de 18 h samedi, les déplacements dans les zones sous couvre-feu seront restreints jusqu'à dimanche 6 h, sauf exceptions prévues par l'arrêté.
Si vous devez vous rendre dans le centre-ville, à Grand'Place, à Comboire ou à Neyrpic, vérifiez que votre déplacement est autorisé et consultez le périmètre officiel.
Et si vous comptez emprunter les transports en commun, pensez également à vérifier les adaptations annoncées sur le site officiel de M réso :
https://www.reso-m.fr/55-infotrafic.htm
Grenoble se prépare donc à un samedi particulier : des manifestations annoncées dans la journée, puis un couvre-feu dans plusieurs secteurs dès 18 h.
Une nouvelle mesure qui change concrètement les déplacements possibles pour les habitants de Grenoble, d'Échirolles et de Saint-Martin-d'Hères.




