Deux rassemblements, deux camps aux positions opposées et un même horaire : ce vendredi 23 octobre, Grenoble s'apprête à vivre une soirée particulièrement surveillée.
À 18 h, deux mobilisations sont annoncées dans le secteur de la gare. L'une entend soutenir les forces de l'ordre et les commerçants touchés par les violences du 17 octobre. L'autre appelle à se rassembler contre l'extrême droite.
Le tout à la veille d'une nouvelle journée de manifestations prévue samedi 24 octobre.
Deux rassemblements à 18 h, mais pas au même endroit
Le premier appel vient du collectif « La France résiste ! », soutenu par la fédération iséroise du parti Reconquête.
Rendez-vous annoncé à 18 h, place Firmin-Gautier, devant le palais de justice de Grenoble.
L'objectif affiché : apporter un soutien aux policiers et aux commerçants après les pillages et les dégradations du samedi précédent.
En parallèle, un contre-rassemblement opposé à l'extrême droite est annoncé à 18 h, place de la gare.
D'après les annonces relayées par Le Dauphiné Libéré et l'agenda local ici Grenoble, les deux initiatives se déroulent donc au même moment, dans deux lieux relativement proches.
Attention toutefois : deux appels opposés ne signifient pas que leurs participants vont nécessairement se retrouver face à face.
Pourquoi cette soirée suscite-t-elle des inquiétudes ?
Difficile d'ignorer le contexte.
Samedi 17 octobre, Grenoble avait connu une importante mobilisation réunissant notamment des Gilets jaunes, des étudiants, des lycéens et des syndicats.
La journée avait aussi été marquée par des affrontements, des incendies et des pillages qui ont touché plusieurs commerces du centre-ville.
Depuis, les réactions politiques se multiplient.
D'un côté, certains collectifs souhaitent mettre en avant la sécurité et le soutien aux professionnels touchés. De l'autre, des militants dénoncent les positions de l'extrême droite et appellent à faire entendre leur opposition.
Ce vendredi soir, ces désaccords se traduisent par deux rendez-vous distincts, annoncés à la même heure.
Pour autant, aucun élément vérifié ne permet d'affirmer qu'une confrontation aura lieu.
Un dispositif de sécurité déjà renforcé à Grenoble
Ces rassemblements interviennent alors que la préfecture de l'Isère a pris plusieurs mesures après les événements du 17 octobre.
Depuis jeudi 22 octobre à 6 h, et jusqu'au dimanche 25 octobre à 6 h, les manifestations et rassemblements sont interdits dans un périmètre défini du centre-ville.
Cette mesure ne concerne pas automatiquement l'ensemble de Grenoble. Elle vise notamment les secteurs de l'hypercentre qui avaient été fortement touchés par les violences.
La préfète Catherine Séguin a également annoncé avoir demandé des renforts policiers pour le week-end.
Aucun couvre-feu n'a été décrété à ce stade, même si cette possibilité reste envisagée par les autorités en cas de nouveaux troubles.
Et samedi 24 octobre ?
La soirée de vendredi précède une nouvelle journée de mobilisation sociale.
Des rassemblements de Gilets jaunes et d'organisations étudiantes et syndicales sont annoncés samedi, autour de revendications concernant notamment le pouvoir d'achat, les conditions d'études et les services publics.
Leurs organisateurs devront tenir compte des restrictions préfectorales et des éventuelles adaptations des parcours.
Il faut néanmoins distinguer ces manifestations sociales des deux rassemblements politiques annoncés vendredi soir.
Rien ne permet d'affirmer que les mêmes participants ou organisations se retrouveront opposés samedi.
À Grenoble, cette fin de semaine rassemble donc plusieurs mobilisations, des revendications différentes et des préoccupations importantes autour de la sécurité et du droit de manifester.
Ce vendredi, les deux rendez-vous sont annoncés à 18 h. Leur proximité géographique attire l'attention, mais leur déroulement reste encore inconnu.
Une soirée sous surveillance, dont l'issue ne peut pas être écrite à l'avance.




