Imaginez la place Grenette avec 1,25 mètre d’eau. Pas quelques centimètres après un gros orage : à certains endroits, Grenoble est littéralement sous plus d’un mètre d’eau.
C’est ce qui se passe le 2 novembre 1859, lors de la crue historique de l’Isère. La rivière monte de plus de 5 mètres et envahit une partie importante de Grenoble et de la vallée du Grésivaudan. La ville n’est alors évidemment pas équipée comme aujourd’hui pour faire face à une telle montée des eaux.
L’eau envahit Grenoble
Après plusieurs jours de fortes précipitations, les conditions deviennent particulièrement favorables à une montée rapide des eaux. À Grenoble, l’Isère déborde et l’eau pénètre également dans certains secteurs par les portes des remparts et les égouts.
Dans plusieurs quartiers, les niveaux dépassent le mètre. La Ville de Grenoble rappelle notamment une hauteur de 1,25 mètre place Grenette et place Vaucanson. Les repères historiques conservés dans le centre permettent encore aujourd’hui de visualiser la hauteur atteinte par l’eau.
Les dégâts sont considérables. Des marchandises stockées dans les caves et les rez-de-chaussée sont détruites, des récoltes sont anéanties et plusieurs maisons s’effondrent. Dans la plaine autour de Grenoble, l’eau transforme le paysage en une immense étendue inondée. Malgré l’ampleur de la catastrophe, le bilan humain est de six victimes.
Des traces encore visibles dans Grenoble
Le plus impressionnant, c’est que cette crue n’a pas complètement disparu du paysage grenoblois.
Des repères de crue du 2 novembre 1859 sont toujours recensés dans le centre-ville. On en trouve notamment place Grenette, quai Perrière, place Sainte-Claire et rue Jean-Jacques Rousseau. Ces plaques et marques permettent de conserver une trace concrète du niveau atteint par l’eau.
La plaque située 17 place Grenette est toujours officiellement recensée comme repère du maximum de l’inondation du 2 novembre 1859.
1859 reste une référence aujourd’hui
Et c’est là que cette vieille histoire devient encore très actuelle.
La crue du 2 novembre 1859 reste la crue historique de référence de l’Isère pour les études de risque dans le secteur. Une étude récente publiée par les services de l’État estime son débit de pointe à environ 1 900 m³/s à Pontcharra et précise que les études de prévention utilisent une crue de type 1859 comme référence.
Autrement dit, 1859 n’est pas seulement une histoire racontée dans les archives. C’est encore un scénario utilisé pour réfléchir à ce qui pourrait se passer en cas de très forte crue.
Aujourd’hui, Grenoble dispose évidemment de digues, d’ouvrages hydrauliques, de systèmes de surveillance et de dispositifs de prévention qui n’existaient pas à l’époque.
Mais il suffit de lever les yeux dans certaines rues du centre pour retrouver les marques laissées par cette journée.
À Grenoble, l’Isère a déjà fait monter l’eau à hauteur d’homme. Et les murs s’en souviennent.
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